Tous en cuisine, mais focus hein !
20-04-2020
  • Blog

« Tu pourrais faire un billet d’humeur pour ce mois-ci Anthony ? » me demande Mylène…

Bah voyons… Je vais aller sur les réseaux pour voir les tendances (Oui j’étais d’humeur moribonde au moment de cette demande) :

On vous l’avait dit ! On ne sait pas où on va ! C’est de la faute des autres ! On n’est pas préparé ! On n’est pas résilient ! Bref un peu comme d’habitude mais avec une amplitude nettement plus prononcée et un peu plus l’opportunité d’accuser le monde extérieur de tous nos maux.

Bon… Je vais regarder la télé… quand vous retirez les chaînes d’infos, les best of, les émissions préenregistrées des semaines en avances (ça en dit long sur la notion de buffer…), il ne vous reste plus grand-chose à vous mettre sous la dent.

Puis vient cette émission de cuisine en direct, avec 5 familles à distance, un animateur et un cuisinier en charge de faire cuisiner tout ce petit monde et éventuellement les téléspectateurs, tout en y mettant de la bonne humeur. Au-delà de la performance audiovisuelle et de cette spontanéité qui vient compenser la « bien » - « pensance » habituelle (Oui j’ai de l’humour noir à revendre en ce moment), mes lunettes de gestion de projet n’ont pas pu s’empêcher de se remettre en place et de constater les différences de pratiques observables entre les différents intervenants :

 

1/ On décrit le menu, ce qu’on va y faire et globalement dans quel ordre. Si vous n’avez jamais vu de plan de projet (ou Network Diagram), vous en avez l’illustration quotidienne. Imaginez un seul instant que Cyril Lignac démarre son émission de cuisine sans décrire le menu…

 

2/ On ne démarre pas les deux recettes en même temps mais on trouve une tâche (la cuisson ou la mise en pause du plat) pour déclencher le lancement de la nouvelle recette. On est d’accord que lancer les deux recettes en même temps serait probablement problématique dans le contexte du direct. Il serait donc intéressant de se demander quels projets vous voulez vraiment faire en premier puis de réinjecter les autres projets au fil de l’eau ????

 

3/ Sur deux recettes quotidiennes, on démarre systématiquement par décrire les ingrédients et en plus ils sont correctement disposés, préparés. C’est exactement une notion de kit complet où on va démarrer les tâches en assurant que nous ayons tous les éléments.  (Là, je suis d’humeur passionné par mon métier)

 

Une fois qu’on a structuré l’organisation, on commence à exécuter les recettes.

 

4/ Je vous encourage à observer le mono-tâche absolu de Cyril Lignac. A aucun moment, il réalise deux choses en même temps. Au pire, il jette un œil à la cuisson de la première recette. Il est constamment FOCUS sur ce qu’il fait.

 

5/ Même quand l’animateur anime avec ses chansons, sketchs, humour, il ne participe pas. Il regarde, rigole mais il reste concentré sur ce qu’il va faire ou sur sa séquence de travail. Comme nous l’avons déjà dit, le mono tâche et le focus sont la clé de beaucoup de réussites rapides en gestion de projet.

 

C’est pas comme si on voulait en même temps demander à l’État et l’Hôpital de soigner, trouver des masques, un remède, des respirateurs, des lits, soutenir l’industrie, le tourisme, l’enseignement (Mais je reste un peu cynique tout de même). Et que finalement, ce qui a porté le plus ses fruits de manière visible a été de geler les en cours en restant chez soi (cf. le point 2/).

 

6/ Inutile de vous dire que l’animation a tendance à disperser les participants. Ainsi ils ne sont pas toujours au rendez-vous en terme de timing sur la recette. A ce sujet, sur les dernières émissions regardées, l’animateur utilise souvent la phrase suivante pour appeler à l’aide le cuisiner : « Je me suis perdu en voulant prendre de l’avance ». En effet, ce dernier essaie d’anticiper certains éléments de la recette (Travail en multitâche et kit incomplet), se déconcentre et perd le fil de la recette dictée par l’animateur.

 

7/ Dernier point. Si vous écoutez attentivement Cyril Lignac, il mesure l’avancement de sa recette par rapport à ce qu’il lui « reste » à faire. Vous pouvez constater qu’il le répète une bonne quinzaine de fois en moyenne durant l’émission (là c’est mon côté humeur maniaque qui revient). Là aussi, vous trouverez une bonne pratique de gestion de projet. On ne mesure pas l’avancement sur ce qui est fait mais sur ce qu’il reste à faire.

 

En résume, vous avez ici la recette d’un redémarrage post confinement de vos équipes projets :

  • Identifier les projets que vous souhaitez conserver ;
  • Etablir la liste des tâches restantes à faire sur les projets que vous avez sélectionnés ;
  • Clarifier les inputs/outputs dont vous avez besoin pour réaliser les tâches ;
  • S’assurer que vos équipes se concentrent sur une tâche à la fois
  • Mesurer l’avancement non plus par rapport à ce qui a été réalisé (vous ne pourrez plus rien changer) mais par rapport à ce qu’il reste à faire.

 

Avec ces 5 ingrédients, vous avez le début d’une recette de redémarrage bien réussi. Si vous en doutez, faites les deux recettes en même temps et voyez le temps que vous allez y passer.

 

Si vous avez besoin d’aide pour mettre ces 5 ingrédients en ordre de marche, contactez-moi, sans contrepartie, nous pourrons en discuter de manière pragmatique et efficace. Promis, je ne serai pas moribond mais resterai passionné, déterminé (ça fait mieux que maniaque) avec un soupçon d’ironie. A bientôt…

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